https://www.youtube.com/watch?v=UQLDTi_zeBo
La promesse faite avec l'IA est un marché de dupes : une autre variation de la fumeuse et perverse théorie du ruissellement. En fait, « on » pille tout le patrimoine de l'humanité : le patrimoine intellectuel et aujourd'hui, plus particulièrement, le patrimoine professionnel – les savoirs et les savoir-faire. Les data-centers sont le symptôme visible de cette gloutonnerie.
A l'image d'EDF ou des autoroutes que nous avons payées (notre patrimoine) et qui sont maintenant exploitées par des intérêts privés (même sous la forme de concessions) qui nous le font payer plus cher que si l'Etat, c'est-à-dire nous, avait continué à les exploiter, même mal.
Avec le monde numérique connecté, nous aidons ces IA à nous remplacer dès à présent. Des métiers ont déjà disparu, y compris des métiers qui étaient encore en pointe il y a peu (programmeurs, scénaristes, juristes, anesthésistes,...).
Les IA apprennent nos savoirs et nos savoir-faire sans que personne ne puisse faire valoir un copyright : un pillage organisé avec la bénédiction des dirigeants politiques.
L'application concrète de cet apprentissage dans les activités quotidiennes va contribuer à la scission définitive de notre monde selon au moins deux grands schémas. D'une part, il y aura les pays, pauvres, où le recours à l'IA restera minoritaire et qui fonctionneront au mieux comme nous le faisons actuellement. D'autre part, il y aura les pays déjà développés qui verront le fossé se creuser entre les possédants des outils et des capitaux et leurs concitoyens qui se débrouilleront pour vivoter.
La fracture sociale a toujours existé d'une manière ou d'une autre : en France, hier, l'aristocratie, aujourd'hui la bourgeoisie, demain les propriétaires des grandes entreprises dont, primi inter pares, les patrons des sociétés possédant les IA qui auront survécu.
La fracture numérique n'est plus géographique dans des pays développés mais elle est en train de devenir sociétale à l'échelle de la planète.
Même les esclaves, comme ces gens en Inde qui sont en train de se faire voler leur unique trésor, vont être dépossédés de leur gagne-pain sauf dans leurs communautés : celles appartenant à l'Humanité pauvre. A bien y réfléchir, ne sommes-nous pas en majorité des "esclaves" dans la mesure où nous rendons des services ou nous participons activement à la production de biens au profit d'une minorité ?
En permanence, cette minorité a tendance à réduire l'humain (salaires bas, productivité accrue, temps de travail accru,...) jusqu'à ce qu'elle puisse l'écarter. L'uberisation du travail, sur la mode du tâcheron, fut la première étape de cette prise de distance. Amazon livre désormais avec des robots.
Pillage des savoir-faire : des robots sont capables de monter des murs. Mais pour qui quand (presque) plus personne n'aura du boulot ? Le progrès avance vraiment avec une canne blanche, mu uniquement par la compétition et la course au profit : absolument crétin.
J'ai honte de ce progrès technologique au service de l'économie qui va à l'encontre du progrès social sans projet politique pour la majorité. Faut-il s'étonner que nous nous dirigions vers la dictature ? Non, c'est mécaniquement là que nous conduisent le capitalisme et le libéralisme aveugles. Ou alors vers une nouvelle révolution. JSCOB... ?